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Compostelle

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Les mythiques chemins qui mènent à Santiago-de-Compostela

Ne vous attendez pas à lire une éloge des chemins qui mènent à Saint-Jacques-de-Compostelle. Récemment, j’ai découvert des pratiques d’un tourisme catholico-religieux en France et en Espagne que je ne soupçonnaient pas.
Rallier, à pied, sac au dos, Arles, Vezelay, Paris ou Bonboillon à Santiago de Compostella (Espagne) en passant par Burgos, et ce parfois sur plus de 2000 km, attire, annuellement, des milliers de marcheurs au prix d’efforts physique importants. La logistique hôtelière (et autres) mise en place autour de ces périples relève plus du mercantilisme que de la foi religieuse.
Plusieurs rencontres m’ont permis de prendre du recul par rapport à ces mythiques randonnées parsemées d’hypothétiques recherches de félicité catho.
Je m’explique. Au début du mois de septembre, j’ai croisé à plusieurs reprises, à Arles, des pèlerins en partance pour Santiago de Compostella via Toulouse. C’était leur projet, leur voyage initiatique. En un mot leur recherche personnelle d’une quête qui donne sens à la vie. Ils étaient tous confiant, bien préparés et intarissables sur le sujet. Lors de longues soirées de discussions, autour d’un verre, en leur compagnie, leur démarche spirituelle m’avait séduite et convaincu de rejoindre, ce que j’appelle aujourd’hui  » le troupeau d’aveugles mystiques ». A ce moment là, moi aussi, je souhaitais randonner sur les chemins de Compostelle.
Plus récemment, au début du mois d’octobre, j’ai assisté, en Belgique, à une conférence audio-visuelle (*) dont le sujet, en images et en sons, décrivait la vie quotidienne des randonneurs sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle et plus précisément sur le parcours débutant à Vezelay. Soi disant, commercialement, le mieux organisé. Fort intéressante, la génèse du parcours et l’origine de la notion « d’Années Saintes Compostellane » (le 25 juillet chaque fois que la fête de St Jacques  tombe un dimanche), aurait pu, tout engagement religieux mis à part, achever de me convaincre à réaliser une telle échappée.
Lorsque les conférenciers abordèrent l’organisation commerciale de cet itinéraire (parmi d’autres), mes projets prirent leurs jambes à leur cou. Ils me tendirent la main comme pour me dire:  » Ne te lance pas dans cette foireuse aventure dirigée par l’argent, le sexe (**) et l’illusion d’une soi-disant performance du 21ième siècle « . Au secours. Fuyez, bonne gens. Il n’y a plus rien à voir sur les chemins (avide de fric) de Saint-Jacques-de-Compostelle. Gîte tous les 5 kms, restos, gargotes sandwicheries, banques (bien sûr là où il y a du monde, il y a des rapaces …), fontaine d’eau côtoyant celle de vin (gratuit) et j’en passe. Tout est hyper organisé pour le pèlerin néophyte en recherche de spiritualité. Le summun, un passeport, le  » credencial « , en bonne et due forme, que l’on fait tamponner quotidiennement aux étapes choisies. Preuve intangible que chaque tronçon  » attrape nigaud  » a bien été parcouru. Point de vue sexe, l’excellent livre d’Etienne Liebig en dit long sur la  » chooooose  » (même un des conférenciers, ce jour là, reconnaissait que Compostelle était un chemin de drague). Il ne reste plus qu’à découvrir de jeunes séminaristes ou prêtres confirmés parcourant ces chemins à la recherche d’innocentes chaires fraîches à palper. (Eh oui, en Belgique cela existe. Il paraitrait même (mais la présomption d’innocence est toujours actuellement de mise) qu’ils sont couverts par leur hiérarchie).
Quelle tristesse d’amalgamer la randonnée et la recherche spirituelle à ces affaires bassement commerciales. Chacun cherche son bonheur comme il veut me direz-vous. Sachez que la France regorge de GR (chemins de Grande Randonnée) entretenus par des bénévoles, traversant de superbes régions et qui ne demandent qu’à être parcourus en lieu et place de ce trompeur GR 65 (Chemins de Compostelle). Chaussez vos bottines et humez l’air, gratuit celui là, sur d’autres chemins par mont et par vaux. Vous vous ferez autant plaisir.

R-anses

(*)  » Compostelle: chemins de rencontres  » – reportage audio-visuel de Michèle et Jean Meuris

(**)  » Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle  » d’Etienne Liebig aux éditions  » La Musardine  » (avril 2006) – ISBN: 2842712609