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J’ai épinglé pour vous

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J’ai épinglé pour vous …

 

Déjà fin du 19 ième siècle, le général français Joseph Gallieni rencontrait des difficultés face aux rebelles qui contestaient le statut de colonie madecasse imposée à leur île. Ce général, après avoir mis en place une administration territoriale, développé un réseau de communication, l’instruction publique et la santé, instaure un impôt par capitation (*). Cette initiative est censée, à cette époque, je cite: « stimuler l’énergie des indigènes et les amener à vaincre leur répugnance au travail suivi ». Tout un programme qui en dit déjà long, pour l’époque, sur la situation du pays … (source: Guide du Routard 2009).

Poursuivons, dans son livre « Madagascar », Olivier Cirendini écrivait en 2007: « En ce début du XXIe siècle l’évolution de l’économie malgache souhaitée par les bailleurs de fond internationaux (FMI, Banque mondiale) n’apporte aucune réponse aux problèmes les plus criants du pays, dénoncés chaque jour par la presse: pauvreté, corruption, mainmise d’une intelligentsia sur les richesses, défaillance de l’Etat, recours systématique à l’aide internationale, et son détournement occasionnel … (NDLR: des aides apportées). Apparemment, peu de choses ont changés depuis.

Plus récemment, Nasolo Andriamihaja, dans son éditorial du 9 août 2010 (L’express de Madagascar), écrit: « La corruption érigée en prédation, les errements idéologiques, la prééminence des intérêts personnels des chefs sur les intérêts de la nation, parachèveront la faillite des 50 années (NDLR: d’indépendance) depuis 1960 ».

Sylvain Rajalahy, dans son éditorial du lundi 15 août 2010 (même journal), d’enjeu, annonce la couleur. Au sujet de la crise actuelle que connaît le pays et des élections prochaines, il s’insurge: « A-t-on encore à faire à de vrais hommes d’Etat ou à de petits opportunistes politiques prêt à se prostituer pour le premier venu ». Plus loin, il pose la question: « Que signifie la démocratie pour des fonctionnaires sans soldes, des habitants sans électricité, des quartiers sans eau, des malades expédiés dans des mouroirs, des étudiants privés de cours, des électeurs illettrés pour qui voter est aussi compliqué que d’envoyer un mandat postal ou recevoir un appel sur un téléphone portable? »

Quant à Anthony Ramarolahihaingonirainy dans la « Tribune de Madagascar », version internet (www.madagascar-tribune.com) , il avance le 19 mai 2010: «Pourquoi la corruption est-elle toujours aussi présente (si ce n’est même croissante) malgré l’imposante structure de lutte (…), la somme colossale dédiée à une telle lutte, le tapage médiatique et quasiment une décennie de combat? Il ne faut pas se le cacher, les grands corrompus en cravate continuent à faire leurs ravages. Pourtant les conséquences des magouilles liées au bois de roses, aux attributions et remblayages illicites de terrains domaniaux, aux gros contrats pétroliers et miniers, aux programmes de privatisations de sociétés d’Etat, aux contrats de concessions divers de terres arables au profit d’intérêts étrangers, etc … sont plus dévastatrices sur les richesses de l’île, sur l’environnement, sur la souveraineté économique voire territoriale, sur la stabilité politique du pays que celles des menus larcins de la part d’indélicats petits policiers, gendarmes, fonctionnaires, commerçants, sage-femme, etc … soit disant pris « en flagrant délit » et qui garnissent nos geôles et les statistiques ».

Apparemment, il ne fait pas bon vivre sous le soleil de Madagascar. En définitive, je trouve plus intéressantes les recherches de solutions sociales émanant du monde andin ou les philosophies de vie asiatique aux mascarades malgaches. Le « mora-mora » (doucement-doucement) du pays ne rapporte que des cacahuètes pour le malgache lambda. A ce rythme, Madagascar n’est pas prête de sortir du tunnel même à l’approche des élections, en principe, organisées en 2011. Tant qu’il y aura une prise de pouvoir par le phénomène de la corruption, la situation restera ce qu’elle est c’est à dire un bourbier social. Eradiquer le phénomène de corruption de toutes les couches de la population c’est comme assainir une eau pour la rendre potable. Tout le monde pourrait dès lors s’abreuver à la source.

R-anses

*: impôt - par tête d'habitant– défavorable car le recensement était toujours approximatif (of cause ...). L'autochtone était dès lors obligé de payer pour celui qui n'existait pas.